June 11, 2013
"The definition of “Pride”: never went to, and never will attend the TLV Pride."

Haneen Maikey, Director of alQaws for Sexual and Gender Diversity in Palestinian Society, June 7, 2013

June 11, 2013
Quand nos luttes sont instrumentalisées | Choses Aléatoires
Par Janis Bing
14 avril 2013
S’il y’a une chose qui m’a toujours agacée, c’est bien le sentiment qu’on me confisque ma voix. Etant lesbienne, je subis la double peine d’être invisible en tant que femme dans la société, et dans la communauté “LGBT” (ou plus honnêtement, “GGGG”). Je dispose déjà de peu de temps de parole.
J’ai donc énormément de mal avec la récupération des luttes, notamment celles qui me concernent directement, à savoir les “Droits LGBT” et le féminisme. Cela peut prendre plusieurs formes, comme la promotion du mariage à des fins économiques, mais aussi impérialistes et colonialistes. J’appelle ca du pinkwashing - au sens large -, on peut aussi parler d’homonationalisme dans certains cas.
Qu’est ce que le pinkwashing? C’est ça:

“Soutenir la Palestine = Soutenir l’oppression des gays Soutenir Israel = Soutenir une véritable démocratie”

A l’origine, il s’agit de l’instrumentalisation des “LGBT” (ou “GGGG”) sous la forme de la promotion de leurs droits et de la manière dont ils sont plutôt bien traités, accueillis en Israël, afin d’atténuer les critiques de l’occupation israélienne, du siège sur Gaza ou encore des violences envers les Palestiniens.
Cette stratégie, qui porte le nom de hasbara (ou “explication”), a été reconnue par Israël lui-même. (1) (2) (3)
On peut donc lire dans le Jerusalem post que le Ministère des Affaires Etrangères “promeut l’Israël gay dans le cadre d’une de ses campagnes, visant par là à contrer les stéréotypes négatifs sur Israël chez les progressistes Américains et Européens”.
Un exemple clair de cette stratégie a été la vidéo de “Marc” tweetée par le Bureau de Presse Israélien, dans laquelle celui-là se plaignait d’avoir été écarté de la flottille pour Gaza en raison de son orientation sexuelle, accusant ainsi les activistes d’homophobie. “Marc” s’est plus tard avéré être un acteur et son récit, fallacieux.
En Novembre 2011 Sarah Schulman, une activiste américaine ouvertement lesbienne et membre de Jewish Voice For Peace, a publié dans le New York Times un article d’opinion présentant la stratégie israélienne de pinkwashing, l’une des premières grandes médiatisations de cette méthode. Elle y décrit celle-ci comme la “récupération des homos blancs par des forces politiques anti-immigrés et anti-Musulmans en Europe de l’Ouest et en Israël”.
En citation dans l’article, Aeyal Gross, professeur de droit à Tel-Aviv affirme que “les droits LGBT sont essentiellement devenus un outil de communication”.
Schulman a plus tard publié sur Mondoweiss une chronologie très détaillée de l’articulation du pinkwashing, officiellement apparu en 2005.
L’argument souvent avancé selon lequel les “LGBT” seraient donc non seulement mieux lotis en Israël qu’en Palestine (et partout ailleurs au Moyen Orient) mais fuiraient ces territoires pour y demander asile efface par ailleurs les voix des LGBT de pays arabes. Plusieurs associations se sont érigées afin de faire entendre leurs voix et leur dissidence par rapport à cette idée.
alQaws (association Palestinienne pour la diversité de genres et d’orientations) a été fondée dans le but de contribuer à construire une société Palestinienne ouverte et diverse. Sa présidente, Haneen Mailey, appelle à “cesser de parler en son nom”, en précisant “si vous voulez me faire une faveur, arrêtez de bombarder mes amis”, démontrant ainsi comment la parole queer, spécifiquement la parole de queers Palestiniens, a été confisquée et instrumentalisée au delà de toute considération pour leurs intérêts (“Quand je me fais arrêter à un checkpoint, la sexualité du soldat qui m’arrête a peu d’importance”, dit elle en faisant référence au droit des gays à rejoindre l’armée israélienne).
Une seconde association Palestinienne, “Palestinian Queers for BDS”, est directement axée sur l’appel au boycott d’Israël.
Si la notion de pinkwashing désignait à l’origine l’occupation israélienne, elle peut néanmoins s’étendre à d’autres pays, et d’autres causes. L’association libanaise Helem l’évoque par exemple au sujet des invasions de l’Irak et de l’Afghanistan dans cette interview (à mon sens une ressource précieuse sur le sujet).

“Une autre question qui a contribué à établir Helem a été le début de l’ingérence de groupes LGBT européens dans les droits des LGBT libanais, et leur tentative de parler à leur place. Une part importante de cette ingérence a été articulée politiquement autour des interventions des Etats-Unis et des Nations Unies — donnant l’impression que les droits de l’Homme, les droits des femmes et dans ce cas les droits LGBT au Liban et dans le monde arabe nécessitaient une intervention de l’ONU et des Etats Unis.”
(…) “Un certain nombre d’Occidentaux se servaient des droits de l’Homme dans les mondes musulman et arabe comme d’une justification pour intervenir, comme ils l’ont fait en Afghanistan avec les droits des femmes.”
(…) “Des voix occidentales prétendent souvent parler au nom des LGBT libanais alors que notre oppression est en réalité utilisée pour justifier une intervention occidentale, sans grande considération pour nos vies.”

On a également pu constater ce phénomène en France avant l’invasion de l’Afghanistan, avec le mythe des petites afghanes aux mains coupées pour avoir porté du vernis à ongles.
Alain Gresh a parlé de cet intérêt orientaliste souvent feint et hypocrite pour les droits des femmes dans cet article:

Si la liberté des femmes en Afghanistan préoccupait tellement l’Occident, on se demande pourquoi celui-ci n’a pas soutenu le régime communiste de Kaboul entre 1978 et 1992. A aucune autre période de l’histoire de ce pays, les femmes n’ont disposé d’autant de droits…

Et l’émergence de ce prodigieux intérêt pour le droit des femmes ne s’arrête pas là, on a par exemple pu entendre des hommes politiques “prendre notre défense” contre le voile récemment, une prise de position aux motifs islamophobes à peine dissimulés.
Le blog “Frustrated Arab” a notamment dénoncé ce phénomène suite à un article de Mona Eltahawy dépeignant uniformément les hommes arabes comme les oppresseurs des femmes.

“Mona Eltahawy has penned both men and women into a non-negotiable situation, charging men with hatred and women with helplessness; and as a woman of colour, of Middle Eastern origin, I will not allow my voice to be co-opted. “

L’homonationalisme peut prendre une définition à mon avis encore plus large. Il englobe le croisement nationalisme avec la cause gay, mais sert aussi à redorer l’image de l’armée (Don’t Ask Don’t Tell en étant une parfaite manifestation) et des causes impérialistes (invasions violentes de pays au profit de l’industrie de l’armement, par exemple).
En bref, l’homonationalisme, c’est ça:

Bilerico a résumé la question dans un article, en remettant en question la lutte pour le droit des gays à servir dans l’armée.

Ce nouveau droit à servir ouvertement dans l’armée ne ressemble pas du tout à un “droit”. Les gays d’Amérique ont été détournés de l’antimilitarisme vers une cause que le gouvernement nous a présentée comme honorable. Le désir LGBT d’inclusion a remplacé ce qui devrait être le but principal de tous les mouvements militants: la Paix.

Je partage cet avis. Il m’est tout bonnement impensable de me battre de quelque manière que ce soit pour grossir les rangs d’une armée, ca va à l’encontre de tout ce que je défends: la paix, le respect de l’autodétermination, la lutte contre le lobbying de l’industrie de la défense. La lutte contre les carnages. Mon militantisme féministe, mon militantisme LGBT ne peut pas cautionner le million de morts en Irak, la moitié des bébés qui naissent encore avec des malformations à Fallujah et Bassora à cause des bombes.
Les campagnes homonationalistes omettent par ailleurs soigneusement de rappeler que l’homophobie est bien souvent un héritage de la colonisation; ainsi que le souligne Schulman dans son article du NYT, les lois criminalisant l’homosexualité en Jordanie (et Cisjordanie aujourd’hui) trouvaient leur origine dans le mandat britannique. De même, les lois homophobes au Liban sont l’héritage de la colonisation. (1) C’est vrai pour le continent Africain également. (2) (3) (4)
Pourquoi tout ceci me concerne-t-il? D’une part parce que j’ai un intérêt profond pour les droits de l’Homme, contre la guerre, contre l’impérialisme. Je considère au demeurant que “personne n’est libre tant que tout le monde n’est pas libre” (Emma Lazarus? L’internet n’est pas sûr mais la phrase me parle)
D’autre part, et plus directement, parce qu’on m’a impliquée dans cette histoire sans me consulter, en confisquant doublement ma parole (en tant que femme puis en tant que lesbienne) et en l’instrumentalisant.

Quand nos luttes sont instrumentalisées | Choses Aléatoires

Par Janis Bing

14 avril 2013

S’il y’a une chose qui m’a toujours agacée, c’est bien le sentiment qu’on me confisque ma voix. Etant lesbienne, je subis la double peine d’être invisible en tant que femme dans la société, et dans la communauté “LGBT” (ou plus honnêtement, “GGGG”). Je dispose déjà de peu de temps de parole.

J’ai donc énormément de mal avec la récupération des luttes, notamment celles qui me concernent directement, à savoir les “Droits LGBT” et le féminisme. Cela peut prendre plusieurs formes, comme la promotion du mariage à des fins économiques, mais aussi impérialistes et colonialistes. J’appelle ca du pinkwashing - au sens large -, on peut aussi parler d’homonationalisme dans certains cas.

Qu’est ce que le pinkwashing? C’est ça:

"Soutenir la Palestine = Soutenir l'oppression des gays Soutenir Israel = Soutenir une réelle démocratie

“Soutenir la Palestine = Soutenir l’oppression des gays Soutenir Israel = Soutenir une véritable démocratie”

A l’origine, il s’agit de l’instrumentalisation des “LGBT” (ou “GGGG”) sous la forme de la promotion de leurs droits et de la manière dont ils sont plutôt bien traités, accueillis en Israël, afin d’atténuer les critiques de l’occupation israélienne, du siège sur Gaza ou encore des violences envers les Palestiniens.

Cette stratégie, qui porte le nom de hasbara (ou “explication”), a été reconnue par Israël lui-même. (1) (2) (3)

On peut donc lire dans le Jerusalem post que le Ministère des Affaires Etrangères “promeut l’Israël gay dans le cadre d’une de ses campagnes, visant par là à contrer les stéréotypes négatifs sur Israël chez les progressistes Américains et Européens”.

Un exemple clair de cette stratégie a été la vidéo de “Marc” tweetée par le Bureau de Presse Israélien, dans laquelle celui-là se plaignait d’avoir été écarté de la flottille pour Gaza en raison de son orientation sexuelle, accusant ainsi les activistes d’homophobie. “Marc” s’est plus tard avéré être un acteur et son récit, fallacieux.

En Novembre 2011 Sarah Schulman, une activiste américaine ouvertement lesbienne et membre de Jewish Voice For Peace, a publié dans le New York Times un article d’opinion présentant la stratégie israélienne de pinkwashing, l’une des premières grandes médiatisations de cette méthode. Elle y décrit celle-ci comme la “récupération des homos blancs par des forces politiques anti-immigrés et anti-Musulmans en Europe de l’Ouest et en Israël”.

En citation dans l’article, Aeyal Gross, professeur de droit à Tel-Aviv affirme que “les droits LGBT sont essentiellement devenus un outil de communication”.

Schulman a plus tard publié sur Mondoweiss une chronologie très détaillée de l’articulation du pinkwashing, officiellement apparu en 2005.

L’argument souvent avancé selon lequel les “LGBT” seraient donc non seulement mieux lotis en Israël qu’en Palestine (et partout ailleurs au Moyen Orient) mais fuiraient ces territoires pour y demander asile efface par ailleurs les voix des LGBT de pays arabes. Plusieurs associations se sont érigées afin de faire entendre leurs voix et leur dissidence par rapport à cette idée.

alQaws (association Palestinienne pour la diversité de genres et d’orientations) a été fondée dans le but de contribuer à construire une société Palestinienne ouverte et diverse. Sa présidente, Haneen Mailey, appelle à “cesser de parler en son nom”, en précisant “si vous voulez me faire une faveur, arrêtez de bombarder mes amis”, démontrant ainsi comment la parole queer, spécifiquement la parole de queers Palestiniens, a été confisquée et instrumentalisée au delà de toute considération pour leurs intérêts (“Quand je me fais arrêter à un checkpoint, la sexualité du soldat qui m’arrête a peu d’importance”, dit elle en faisant référence au droit des gays à rejoindre l’armée israélienne).

Une seconde association Palestinienne, “Palestinian Queers for BDS”, est directement axée sur l’appel au boycott d’Israël.

Si la notion de pinkwashing désignait à l’origine l’occupation israélienne, elle peut néanmoins s’étendre à d’autres pays, et d’autres causes. L’association libanaise Helem l’évoque par exemple au sujet des invasions de l’Irak et de l’Afghanistan dans cette interview (à mon sens une ressource précieuse sur le sujet).

“Une autre question qui a contribué à établir Helem a été le début de l’ingérence de groupes LGBT européens dans les droits des LGBT libanais, et leur tentative de parler à leur place. Une part importante de cette ingérence a été articulée politiquement autour des interventions des Etats-Unis et des Nations Unies — donnant l’impression que les droits de l’Homme, les droits des femmes et dans ce cas les droits LGBT au Liban et dans le monde arabe nécessitaient une intervention de l’ONU et des Etats Unis.”

(…) “Un certain nombre d’Occidentaux se servaient des droits de l’Homme dans les mondes musulman et arabe comme d’une justification pour intervenir, comme ils l’ont fait en Afghanistan avec les droits des femmes.”

(…) “Des voix occidentales prétendent souvent parler au nom des LGBT libanais alors que notre oppression est en réalité utilisée pour justifier une intervention occidentale, sans grande considération pour nos vies.”

On a également pu constater ce phénomène en France avant l’invasion de l’Afghanistan, avec le mythe des petites afghanes aux mains coupées pour avoir porté du vernis à ongles.

Alain Gresh a parlé de cet intérêt orientaliste souvent feint et hypocrite pour les droits des femmes dans cet article:

Si la liberté des femmes en Afghanistan préoccupait tellement l’Occident, on se demande pourquoi celui-ci n’a pas soutenu le régime communiste de Kaboul entre 1978 et 1992. A aucune autre période de l’histoire de ce pays, les femmes n’ont disposé d’autant de droits…

Et l’émergence de ce prodigieux intérêt pour le droit des femmes ne s’arrête pas là, on a par exemple pu entendre des hommes politiques “prendre notre défense” contre le voile récemment, une prise de position aux motifs islamophobes à peine dissimulés.

Le blog “Frustrated Arab” a notamment dénoncé ce phénomène suite à un article de Mona Eltahawy dépeignant uniformément les hommes arabes comme les oppresseurs des femmes.

Mona Eltahawy has penned both men and women into a non-negotiable situation, charging men with hatred and women with helplessness; and as a woman of colour, of Middle Eastern origin, I will not allow my voice to be co-opted.

L’homonationalisme peut prendre une définition à mon avis encore plus large. Il englobe le croisement nationalisme avec la cause gay, mais sert aussi à redorer l’image de l’armée (Don’t Ask Don’t Tell en étant une parfaite manifestation) et des causes impérialistes (invasions violentes de pays au profit de l’industrie de l’armement, par exemple).

En bref, l’homonationalisme, c’est ça:

Bilerico a résumé la question dans un article, en remettant en question la lutte pour le droit des gays à servir dans l’armée.

Ce nouveau droit à servir ouvertement dans l’armée ne ressemble pas du tout à un “droit”. Les gays d’Amérique ont été détournés de l’antimilitarisme vers une cause que le gouvernement nous a présentée comme honorable. Le désir LGBT d’inclusion a remplacé ce qui devrait être le but principal de tous les mouvements militants: la Paix.

Je partage cet avis. Il m’est tout bonnement impensable de me battre de quelque manière que ce soit pour grossir les rangs d’une armée, ca va à l’encontre de tout ce que je défends: la paix, le respect de l’autodétermination, la lutte contre le lobbying de l’industrie de la défense. La lutte contre les carnages. Mon militantisme féministe, mon militantisme LGBT ne peut pas cautionner le million de morts en Irak, la moitié des bébés qui naissent encore avec des malformations à Fallujah et Bassora à cause des bombes.

Les campagnes homonationalistes omettent par ailleurs soigneusement de rappeler que l’homophobie est bien souvent un héritage de la colonisation; ainsi que le souligne Schulman dans son article du NYT, les lois criminalisant l’homosexualité en Jordanie (et Cisjordanie aujourd’hui) trouvaient leur origine dans le mandat britannique. De même, les lois homophobes au Liban sont l’héritage de la colonisation. (1) C’est vrai pour le continent Africain également. (2) (3) (4)

Pourquoi tout ceci me concerne-t-il? D’une part parce que j’ai un intérêt profond pour les droits de l’Homme, contre la guerre, contre l’impérialisme. Je considère au demeurant que “personne n’est libre tant que tout le monde n’est pas libre” (Emma Lazarus? L’internet n’est pas sûr mais la phrase me parle)

D’autre part, et plus directement, parce qu’on m’a impliquée dans cette histoire sans me consulter, en confisquant doublement ma parole (en tant que femme puis en tant que lesbienne) et en l’instrumentalisant.

June 9, 2013
billyhowardfoto:

I went into several Palestinian refugee camps in the West Bank, and despite the stern expressions, was treated with great warmth and generosity.

billyhowardfoto:

I went into several Palestinian refugee camps in the West Bank, and despite the stern expressions, was treated with great warmth and generosity.

May 27, 2013
Happened in Palestine by Khaldoon Shini, 2013

Happened in Palestine by Khaldoon Shini, 2013

May 25, 2013

الخليل، فلسطين

11:24am  |   URL: http://tmblr.co/ZK1xOylnCgvD
  
Filed under: Hebron Palestine 
April 14, 2013
La grammaire intérieure du jet de pierre, article d’Amira Hass | Mediapart
8 avril 2013
L’article qui suit a suscité une tempête en Israël. Différents groupes réclament des poursuites judiciaires contre elle.
La grammaire intérieure du jet de pierres
Amira Hass
Haaretz, 3.4.2013
Lancer des pierres est un droit et un devoir de naissance pour qui se trouve sous domination étrangère. Lancer des pierres, essentiellement, est une métaphore de la résistance. La poursuite des lanceur de pierres, qui comprend l’arrestation de gamins de huit ans, fait inséparablement partie, même si ce n’est pas toujours écrit, de la description du rôle des représentants de la domination étrangère – non moins que les tirs, les tortures pendant les interrogatoires, la spoliation des terres, les entraves à la liberté de mouvement et même la distribution de l’eau. La violence de soldats âgés de dix-neuf ans, de commandants âgés de quarante-cinq ou de bureaucrates et de juristes, cette violence est réelle. Ils sont enrôlés pour défendre les fruits d’une violence impliquée par le fait même de la domination étrangère – ressources, bénéfices, privilèges, jouissance de la force.
La résistance et le fait de se tenir debout (soumoud) face à la violence physique et surtout institutionnelle : c’est la phrase fondamentale de la grammaire intérieure de la vie palestinienne dans ce pays. Jour après jour, heure après heure, instant après instant. Sans répit, sans trève. Et, malheureusement, non seulement en Cisjordanie (y compris Jérusalem-Est) et dans la bande de Gaza, mais aussi dans les frontières de la souveraineté israélienne (avec quelques différences dans les modes de violence et de résistance). Mais des deux côtés de la Ligne verte s’entassent des couches sédimentaires de suffocation, de souffrance, d’amertume, d’angoisse, de colère et d’interrogation: comment les Israéliens peuvent-ils être aveugles au point de croire que leur violence pourra durer toujours ?
Souvent, lancer des pierres, dans les faits, dérive du désœuvrement, de l’excès d’hormones, de l’imitation, de la bravade, de la concurrence. Mais dans la grammaire intérieure des rapports entre le dominant étranger et le dominé, le lancer de pierre est le prédicat du sujet : Je n’en peux plus de toi, le dominant. Après tout ces jeunes pourraient choisir d’autres manières de dissiper l’excès d’hormones, sans risquer d’être arrêtés, condamnés à de lourdes amendes, voire blessés ou tués.
Même si le droit et le devoir sont de naissance, il faut apprendre à développer les modes de résistance et de la station debout, les règles et les limites (un exemple : la distinction entre citoyen et homme armé, entre enfant et porteur d’uniforme. Un autre exemple : les limites de l’arme et ses échecs dans le passé). Il serait logique que dans les écoles palestiniennes on donne aux élèves des cours élémentaires de résistance : comment réaliser des actions massives de terrain[1], en zone C ; comment se conduire en cas d’irruption de soldats au domicile privé ; comparer différentes luttes anticoloniales dans différents pays ; comment se servir de caméras vidéo pour documenter la violence des représentants du régime ; méthodes pour fatiguer le système militaire et ses représentants ; journée hebdomadaire de participation au travail sur les terres situées par-delà le mur de séparation ; comment mémoriser les éléments d’identification du soldat qui t’a jeté menotté sur le sol de la jeep pour pouvoir porter plainte par la suite ; quels sont les droits lors d’un interrogatoire et comment les faire reconnaître en temps réel ; comment surmonter la peur devant les enquêteurs ; essais d’actions de masse destinées à faire respecter la liberté de mouvement. À dire vrai, cela ne ferait pas de mal aux adultes de suivre aussi de tels cours, au lieu peut-être des exercices de marche au pas, de dispersion de manifestations et de recherches de posts suspects sur Facebook.
L’engagement des élèves des écoles, il y a deux ans, dans le programme de boycott des produits en provenance des colonies semblait un pas dans la bonne direction. Mais ça s’est arrêté là, sans suite, sans élargir le contexte. Et pourtant des cours comme ceux-là conviendrait comme un gant à la tactique qui a présidé à la démarche auprès de l’ONU. Révolte civile en diplomatie et sur le terrain. Alors pourquoi ces cours sont-ils absents du cursus d’études des enfants palestiniens ? L’opposition prêtée par avance aux Etats donateurs et les représailles de la part d’Israël comptent parmi les moyens de la domination étrangère – et font partie de la Hasbara. Mais il y a aussi l’inertie, la paresse, l’intérêt personnel de certaines couches sociales, des calculs erronés, une mauvaise compréhension de la situation. Le système de raisonnement de l’Autorité palestinienne a créé depuis presque vingt ans un principe fondamental – l’adaptation à ce qui existe. Et c’est ainsi qu’est née la contradiction, le conflit entre la grammaire intérieure de l’Autorité palestinienne et celle de son peuple.
Traduit de l’hébreu par Joëlle Marelli
[1] L’auteure se réfère implicitement aux villages de tentes récemment construits par des Palestiniens sur des terres confisquées par les autorités israéliennes, actions collectives qu’elle compare à des actions similaires effectuées par des groupes juifs sionistes à l’époque du Mandat britannique.
[In English: The inner syntax of Palestinian stone-throwing | Haaretz (the full text of the article is available to subscribers and registered users only)]

La grammaire intérieure du jet de pierre, article d’Amira Hass | Mediapart

8 avril 2013

L’article qui suit a suscité une tempête en Israël. Différents groupes réclament des poursuites judiciaires contre elle.

La grammaire intérieure du jet de pierres

Amira Hass

Haaretz, 3.4.2013

Lancer des pierres est un droit et un devoir de naissance pour qui se trouve sous domination étrangère. Lancer des pierres, essentiellement, est une métaphore de la résistance. La poursuite des lanceur de pierres, qui comprend l’arrestation de gamins de huit ans, fait inséparablement partie, même si ce n’est pas toujours écrit, de la description du rôle des représentants de la domination étrangère – non moins que les tirs, les tortures pendant les interrogatoires, la spoliation des terres, les entraves à la liberté de mouvement et même la distribution de l’eau. La violence de soldats âgés de dix-neuf ans, de commandants âgés de quarante-cinq ou de bureaucrates et de juristes, cette violence est réelle. Ils sont enrôlés pour défendre les fruits d’une violence impliquée par le fait même de la domination étrangère – ressources, bénéfices, privilèges, jouissance de la force.

La résistance et le fait de se tenir debout (soumoud) face à la violence physique et surtout institutionnelle : c’est la phrase fondamentale de la grammaire intérieure de la vie palestinienne dans ce pays. Jour après jour, heure après heure, instant après instant. Sans répit, sans trève. Et, malheureusement, non seulement en Cisjordanie (y compris Jérusalem-Est) et dans la bande de Gaza, mais aussi dans les frontières de la souveraineté israélienne (avec quelques différences dans les modes de violence et de résistance). Mais des deux côtés de la Ligne verte s’entassent des couches sédimentaires de suffocation, de souffrance, d’amertume, d’angoisse, de colère et d’interrogation: comment les Israéliens peuvent-ils être aveugles au point de croire que leur violence pourra durer toujours ?

Souvent, lancer des pierres, dans les faits, dérive du désœuvrement, de l’excès d’hormones, de l’imitation, de la bravade, de la concurrence. Mais dans la grammaire intérieure des rapports entre le dominant étranger et le dominé, le lancer de pierre est le prédicat du sujet : Je n’en peux plus de toi, le dominant. Après tout ces jeunes pourraient choisir d’autres manières de dissiper l’excès d’hormones, sans risquer d’être arrêtés, condamnés à de lourdes amendes, voire blessés ou tués.

Même si le droit et le devoir sont de naissance, il faut apprendre à développer les modes de résistance et de la station debout, les règles et les limites (un exemple : la distinction entre citoyen et homme armé, entre enfant et porteur d’uniforme. Un autre exemple : les limites de l’arme et ses échecs dans le passé). Il serait logique que dans les écoles palestiniennes on donne aux élèves des cours élémentaires de résistance : comment réaliser des actions massives de terrain[1], en zone C ; comment se conduire en cas d’irruption de soldats au domicile privé ; comparer différentes luttes anticoloniales dans différents pays ; comment se servir de caméras vidéo pour documenter la violence des représentants du régime ; méthodes pour fatiguer le système militaire et ses représentants ; journée hebdomadaire de participation au travail sur les terres situées par-delà le mur de séparation ; comment mémoriser les éléments d’identification du soldat qui t’a jeté menotté sur le sol de la jeep pour pouvoir porter plainte par la suite ; quels sont les droits lors d’un interrogatoire et comment les faire reconnaître en temps réel ; comment surmonter la peur devant les enquêteurs ; essais d’actions de masse destinées à faire respecter la liberté de mouvement. À dire vrai, cela ne ferait pas de mal aux adultes de suivre aussi de tels cours, au lieu peut-être des exercices de marche au pas, de dispersion de manifestations et de recherches de posts suspects sur Facebook.

L’engagement des élèves des écoles, il y a deux ans, dans le programme de boycott des produits en provenance des colonies semblait un pas dans la bonne direction. Mais ça s’est arrêté là, sans suite, sans élargir le contexte. Et pourtant des cours comme ceux-là conviendrait comme un gant à la tactique qui a présidé à la démarche auprès de l’ONU. Révolte civile en diplomatie et sur le terrain. Alors pourquoi ces cours sont-ils absents du cursus d’études des enfants palestiniens ? L’opposition prêtée par avance aux Etats donateurs et les représailles de la part d’Israël comptent parmi les moyens de la domination étrangère – et font partie de la Hasbara. Mais il y a aussi l’inertie, la paresse, l’intérêt personnel de certaines couches sociales, des calculs erronés, une mauvaise compréhension de la situation. Le système de raisonnement de l’Autorité palestinienne a créé depuis presque vingt ans un principe fondamental – l’adaptation à ce qui existe. Et c’est ainsi qu’est née la contradiction, le conflit entre la grammaire intérieure de l’Autorité palestinienne et celle de son peuple.

Traduit de l’hébreu par Joëlle Marelli


[1] L’auteure se réfère implicitement aux villages de tentes récemment construits par des Palestiniens sur des terres confisquées par les autorités israéliennes, actions collectives qu’elle compare à des actions similaires effectuées par des groupes juifs sionistes à l’époque du Mandat britannique.

[In English: The inner syntax of Palestinian stone-throwing | Haaretz (the full text of the article is available to subscribers and registered users only)]

April 9, 2013
thehummusdance:

Deir Yassin Massacre - April 9, 1948
Or, the other shoe that fell; a symbol of the Palestinian Nakba, which sparked 750,000 Palestinians to flee their homes crying “Deir Yassin!”
This anniversary does not only mark the gruesome massacre carried out by three terrorist gangs against unarmed Palestinian civilians (which the April 13, 1948 New York Times coverage reported Zionist forces went “house-to-house” killing 254 Palestinians, including 25 pregnant women who were bayoneted and 52 children who were maimed in front of their mothers before being beheaded and the mothers slain) but it also marks the beginning of the policy of cleansing Palestine’s villages so as to demolish what was once known as Palestine through depopulation. 
Let’s not forget, however, that Dier Yassin not only had a “good reputation” but it also stood neutral during the 1947-1948 Civil War between Arabs and Jews, and that Dier Yassin had prevented Palestinian fighters from using its land to fight the Zionist terrorists, in addition to the fact that it had signed a non-aggression treaty with the Zionists. Therefore, I believe the moral lesson out of this is that:

“Deir Yasin must always remain a warning and a reminder to every Palestinian, to every Arab as the village that signed a “peace agreement” with the Zionists and ended up being ethnically cleansed, wiped off the map and its residents either savagely massacred or made refugees.”

Lastly, I believe it is only ironic that Dier Yassin, where all of this insanity began, is now the site of Kfaur Shaul Mental Health Centre; an Israeli public psychiatric hospital.

thehummusdance:

Deir Yassin Massacre - April 9, 1948

Or, the other shoe that fell; a symbol of the Palestinian Nakba, which sparked 750,000 Palestinians to flee their homes crying “Deir Yassin!”

This anniversary does not only mark the gruesome massacre carried out by three terrorist gangs against unarmed Palestinian civilians (which the April 13, 1948 New York Times coverage reported Zionist forces went “house-to-house” killing 254 Palestinians, including 25 pregnant women who were bayoneted and 52 children who were maimed in front of their mothers before being beheaded and the mothers slain) but it also marks the beginning of the policy of cleansing Palestine’s villages so as to demolish what was once known as Palestine through depopulation. 

Let’s not forget, however, that Dier Yassin not only had a “good reputation” but it also stood neutral during the 1947-1948 Civil War between Arabs and Jews, and that Dier Yassin had prevented Palestinian fighters from using its land to fight the Zionist terrorists, in addition to the fact that it had signed a non-aggression treaty with the Zionists. Therefore, I believe the moral lesson out of this is that:

Deir Yasin must always remain a warning and a reminder to every Palestinian, to every Arab as the village that signed a “peace agreement” with the Zionists and ended up being ethnically cleansed, wiped off the map and its residents either savagely massacred or made refugees.”

Lastly, I believe it is only ironic that Dier Yassin, where all of this insanity began, is now the site of Kfaur Shaul Mental Health Centre; an Israeli public psychiatric hospital.

April 9, 2013
"Today is the 65th anniversary of the massacre at Deir Yassin, a village near West Jerusalem. Early in the morning of 9 April 1948, around 120 members of the underground Jewish militia groups, the Irgun (also known as the IZL), and the Stern Gang, entered the Palestinian Arab village of Deir Yassin and killed somewhere between 100 and 250 people, including men, women, children, and the elderly. Some died from gunshots, others from hand grenades being thrown into their homes. Other villagers were killed after being taken on a victory parade through West Jerusalem. (This was later disputed). There were reports of rapes and mutilations."

Samira Shackle, Deir Yassin remembered, Middle East Monitor, April 09 2013

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Deir Yassin was a peaceful village that had signed a non-aggression pact, but fell into the UN’s plans for the independent Jerusalem area. What happened there was not unique: there were other massacres. But it marked the first time that Jewish forces really went on the offensive, and had far-reaching consequences that explain the fact that it retains such symbolic value.

News of the killings at Deir Yassin and other villages sparked terror within the Palestinian community, causing hundreds of thousands of them to flee from their towns and villages as Jewish troops advanced. It also strengthened the resolve of neighbouring Arab nations to intervene. On 15 May 1948, one day after the British Mandate ended and Israel declared its independence, several Arab armies invaded and the 1948 Arab-Israeli war began.

Menachem Begin, leader of the Irgun, said at the time: “We created terror among the Arabs and all the villages around. In one blow, we changed the strategic situation.” Indeed, the events changed the course of the conflict. Although the two groups carrying them out were underground, extremist militia, both of their leaders - Begin, and Yitzhak Shamir of the Stern Gang - later became prime ministers of the newly formed state of Israel. [In Full]

(via auntieimperial)

April 9, 2013
Today Jewish Voice for Peace honors Holocaust Remembrance Day (Yom HaShoah)

April 8, 2013

On this day, we reflect on the horrors of World War II and the Nazi genocidal policies that led to the killing of some 11 million Jews, Gypsies, Socialists, gays, people with disabilities and dissenters all deemed unfit or a threat.

Those of us who are Jews of European descent remember our loved ones and re-tell heart-wrenching stories of death, suffering and survival. But we do so with a steadfast refusal to be held hostage by the traumas experienced by our ancestors.

Instead, we take from these stories the lesson that “never again” means never, not for anyone.

On Yom HaShoah, we are reminded to stand against dehumanization no matter where it happens. We are reminded that our histories of displacement and persecution and resistance bind us in responsibility to others who today are considered a threat for their very existence. We re-dedicate ourselves to the belief that all people are chosen, all land is holy, and all life is sacred. May we take up the work to honor that belief today, and all days.

April 9, 2013
"First they threatened to burn his house down. Then they pinned leaflets to his front door, denouncing him as a Jewish traitor. But Eli Tzavieli, an 89-year-old Holocaust survivor, is defiant. His only “crime” is to rent out his rooms to three Arab students attending the college in Safed, a religious city in northern Israel."

The Holocaust Survivor Whose Life Is In Danger Again (via stay-human)